BACCALAURÉAT DE L’ENSEIGNEMENT GÉNÉRAL
SESSION 2004
Série A ; Épreuve de : PHILOSOPHIE
Durée : 04 heures ; Coefficient :4
SUJET I :
Peut-on dire que la science fait surgir des problèmes philosophiques ?
SUJET II :
Parlant de la liberté et de ce que doit être sa valeur, Nietzsche affirme un jour :
« La valeur d’une chose réside parfois non dans ce qu’on gagne en l’obtenant, mais dans qu’on paye pour l’acquérir, – dans ce qu’elle coûte »
SUJET III : COMMENTAIRE DE TEXTE
Faites l’analyse ordonnée du texte suivant en vue de dégager son intérêt philosophique,
« Les problèmes de mathématiques ou de physique sont beaucoup moins familiers à la grande masse des hommes que les problèmes philosophiques qui ne sont au fond, étrangers à aucun. Partout il existe une philosophie courante caractéristique de tel ou tel groupe social, classe ou profession, comme il existe une politique courante. Le même h0mme qui éprouve de l’aversion envers la philosophie et qui méprise les philosophes, a sa philosophie privée. S’il n’en était ainsi de l’homme d’Etat, du révolutionnaire, du savant spécialiste, de l’ingénieur et du technicien, ils ne tiendraient pas la philosophe pour inutile.
Que l’insécurité soit la condition ordinaire de la philosophie et du philosophe, c’est que l’expérience oblige à constater. Non seulement le philosophe ne remplit aucune « commande sociale », mais même il met sa dignité à s’élever au-dessus des devoirs que société prescrit. La philosophie n’est pas une destination sociale, elle est faite pour la personne. Tandis que la religion et la science, par nature si différentes l’une de l’autre, et parfois si hostiles l’une à l’autre, sont toutes deux socialement protégées, qu’elles ont un rôle social. Que derrière elles se tiennent des communautés toujours prêtes à courir à leur secours, philosophie est désarmée, seule.
Il ne se trouve personne pour prendre la défense du philosophe ».
Nicolas BERDIAEV, Cinq méditations sur l’existence.
Trad. Vildélot Aubier 1936. Pages :27-28