BACCALAURÉAT DE L’ENSEIGNEMENT GÉNÉRAL
Session 2004
Série C-D ; Épreuve de : Philosophie
Durée : 04h ; Coefficient : 2
SUJET I :
L’esprit philosophie est–il l’esprit scientifique ?
SUJET II :
« La vraie démocratie est basée sur la liberté de parler et d’exprimer des idées par l’intermédiaire des partis ou autres association fondés par les Citoyens ».
In: « Ny demokrasia » Taratasy avy amin’ny fivondronam-ben’ny Eveka eto Madagasikara
25 Mars 1994, page 16
– Qu’en pensez-vous ?
SUJET III : COMMENTAIRE DE TEXTE
Faite l’analyse ordonnée du texte suivant en vue de dégager son intérêt philosophique :
« Voter, ce n’est pas précisément un des droits de l’homme ; on vivrait très bien sans voter. Si on avait la sûreté, l’égalité, la liberté. Le vote n’est qu’un moyen de conserver tous ces biens. L’expériences a fait voir cent fois qu’une élite gouvernante, qu’elle gouverne avec l’hérédité ou par la science acquise, arrive très vite à priver les citoyens de toute liberté, si le peuple n’exerce pas un pouvoir de contrôle, de blâme ou enfin de renvoi. Quand je vote, je n’exerce pas un droit, je défends tous mes droits, il ne s’agit donc pas de savoir si mon vote est perdu ou non, mais bien de savoir si le résultat cherché est atteint, c’est-à-dire si les pouvoirs sont contrôlés, blâmés et enfin détrônés dès qu’ils méconnaissent les droits des citoyens. »
ALAIN
CORRIGES
SUJET I :
L’esprit philosophie est–il l’esprit scientifique ?
Si étymologiquement, la philosophie signifie amour de la sagesse, elle est également considérée comme la science des premiers principes. Depuis le XVII ème siècle, la science proprement dite s’est dissociée de cette discipline philosophique pour devenir connaissance vérifiable, expérimentable et véridique. Néanmoins, les deux caractérisent différents cycles de vie de l’esprit humain, il y a en effet de la vérité dans la sagesse. Ce qui nous amène à nous demander si l’esprit philosophique s’est également retrouvé dissocié de l’esprit scientifique. Afin d’y répondre, nous allons d’abord définir ce qu’est un esprit philosophique et un esprit scientifique, ensuite, nous analyserons les ressemblances et différences entre les deux.
Partie I
Fondement d’un esprit philosophique et d’un esprit scientifique
– Définition de l’esprit : Le mot esprit vient du latin «spiritus» (dérivé de spirare = souffler) qui veut dire souffle. Il constitue la partie immatérielle de l’être humain que l’on oppose au corps.
– Définition de l’esprit philosophique : il forme un ensemble dualiste avec le corps. Intellect et actif, il est volonté. L’esprit est le principe intelligent de l’univers, dont la véritable nature reste à découvrir.
– Définition de l’esprit scientifique : Par étymologie, la psychologie est la science de l’esprit. Mais face aux connotations religieuses et mystiques du mot, le discours scientifique a préféré utiliser des termes plus neutres comme ceux de facultés (comme intellectuelle) ou processus mentaux ou encore psyché.
Partie II
Caractéristiques d’un esprit philosophique et d’un esprit scientifique
– Les ressemblances entre un esprit philosophe et scientifique : esprit critique, d’étonnement, goût de raisonnement, esprit d’analyse etc.
– Les différences entre les deux :
Philosophie : esprit d’enfant ; esprit de réflexion abstraite ; amoureux de la vérité en tant que sagesse…
Science : esprit objectif ; esprit expérimental ; amoureux de la vérité en tant que connaissances…
– Méthodes scientifiques et méthodes philosophiques :
Philosophie : réflexion, doute, dialectique, logique, vertu etc.
Science : logique, expérimentation, analyse, synthèse, phénoménologie etc.
La Philosophie et la Science sont toutes les deux des disciplines qui impliquent la recherche et le questionnement. Au fil du temps, les deux ont été amenées à se distancer. Malgré tout, elles semblent se fonder sur le même principe d’où les similarités entre un philosophe et un scientifique en dépit de quelques différences. On constate surtout ces ressemblances dans les méthodes qu’impliquent les deux disciplines. À la base, l’esprit philosophique est l’esprit scientifique mais les méthodes vont les différencier. Ainsi, l’on peut déjà imaginer l’existence d’une science sans philosophie : de savoirs sans sagesse.
SUJET II :
La démocratie est le régime du peuple, par le peuple et pour le peuple. Existant depuis l’antiquité, elle ne cesse d’être aménagée pour trouver sa forme idéale voire authentique. Cette dernière est fondée sur la possibilité de tous à donner son opinion, à se faire entendre, notamment à travers des organisations groupales et citoyennes. C’est-dire que cette notion est essentiellement liée à la liberté. Mais la liberté garantit-elle réellement la démocratie ? Pour y répondre, nous verrons premièrement ce qu’est la démocratie idéale, et nous aborderons deuxièmement ses relations avec la liberté.
Partie I
La notion de démocratie
– Définition, notion : du grec dêmos, peuple, et kratos/pouvoir autorité, la démocratie est le régime politique dans lequel le pouvoir est détenu ou contrôlé par le peuple (principe de souveraineté), sans qu’il y ait de distinctions dues la naissance, la richesse, la compétence… (Principe d’égalité).
– Naissance ou apparition : les premières expériences d’un régime politique démocratique ont lieu pendant l’Antiquité, dans la cité grecque d’Athènes. Pendant des siècles, les idéaux démocratiques ont évolué au gré des guerres, des traités et révolutions qui ont secoué le monde occidental. De la Grèce antique à la Rome antique, de l’époque médiévale au Siècle des Lumières, du parlementarisme britannique à la Révolution française, la démocratie a parcouru un long chemin avant de devenir ce qu’elle est aujourd’hui.
– Les différentes formes : démocratie directe, semi-directe, indirecte et par tirage au sort.
Partie II
Les relations entre démocratie et liberté
– Définition et notion de liberté : La liberté est la faculté d’agir selon sa volonté suivant les moyens dont on dispose sans être entravé par le pouvoir d’autrui. Elle est la capacité de se déterminer soi-même à des choix contingents
– Cohérences : Une société démocratique laisse une large place à la liberté individuelle. Elle respecte les Droits des Humains qui indiquent que tous les hommes et toutes les femmes naissent et demeurent libres, expriment leurs opinions librement et prennent leurs choix en toute liberté, sous le respect des lois établies.
– Ruptures : Même si la démocratie signifie que chacun est libre, cette liberté est limitée par le vote. En effet, la majorité l’emporte toujours sur la minorité qui se voit imposée la décision du plus grand nombre. En outre, la liberté dit-on s’arrête là où celle des autres commence (contrainte liée à la société pourtant démocratique).
Apparue et sans cesse remodelée depuis l’antiquité, la démocratie est finalement devenue la garantie de la liberté que nous connaissons aujourd’hui dans les États de droit. Cette forme semble être la plus aboutie et la plus acceptée de tous. Néanmoins, cette liberté reste apparente, sachant qu’elle est limitée par des lois votées et acceptées d’une société démocratique. Si telle est la vraie démocratie, alors elle n’est pas vraiment cette garantie de liberté mais plutôt celle du respect du plus grand nombre. Ce qui nous amène à conclure qu’une démocratie selon son sens étymologique est purement métaphysique.