Philosophie : Session 2002

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BACCALAURÉAT DE L’ENSEIGNEMENT GÉNÉRAL

Session 2002

Série C-D ; Épreuve de : Philosophie
Durée : 04h ; Coefficient : 2

 

SUJET I : 

Karl JASPERS écrivait : 

« Les questions sont plus essentielles que les réponses en philosophie »

Qu’en pensez-vous ? 

 

SUJET II : 

« Tout Etat de droit est-il nécessairement légitime ? »

 

SUJET III : Commentaire de texte

Faites l’analyse ordonnée du texte suivant en vue de dégager son intérêt philosophique.

« C‘est proprement avoir les yeux fermés sans tâcher jamais de les ouvrir, que de vivre sans philosopher. Le plaisir de voir toutes les choses que notre vue découvre n’est point comparable à la satisfaction que donne la connaissance de celles qu’on trouve par la philosophie. Et enfin cette étude est plus nécessaire pour régler nos mœurs et nous conduire que leurs corps à conserver, s’occupent continuellement à chercher de quoi les nourrir, mais les hommes dont la principale partie est l’esprit, devraient employer leurs principaux soins à la recherche de la sagesse, qui est la vraie nourriture ». 

René DESCARTES, Principe de la philosophie.   



CORRIGES 

SUJET I : Karl JASPERS écrivait : « Les questions sont plus essentielles que les réponses en philosophie » Qu’en pensez-vous ?

La philosophie naît de notre étonnement au sujet du monde et de notre existence. Étymologiquement parlant, elle est la quête de la sagesse mais nul ne peut atteindre la sagesse. L’on ne peut que s’en rapprocher par le biais de questionnement par rapport à ce qui nous entoure. L’objet étant essentiellement d’expliquer le pourquoi et le comment, la seule formulation d’une question laisse penser qu’une réponse existe. Ce qui nous amène à nous demander si l’important dans cette discipline est de poser les questions ou trouver les réponses. Pour mener à bien notre réflexion, nous parlerons en premier lieu de réflexion philosophique et en deuxième lieu de l’importance des questions dans cette discipline.

Partie I

La réflexion philosophique

– Notions et définitions de la philosophie : elle provient du grec philo (amour) et sophia (sagesse), autrement dit amour de la sagesse. Chez les Anciens, la philosophie est une science, celle du savoir rationnel, elle est devenue chez les Modernes synonyme de questionnement sur la nature de l’homme et de sa signification.

– Méthodes : réflexion, doute, dialectique, logique, vertu etc.

– Esprit philosophique : esprit d’enfant ; esprit de réflexion abstraite ; amoureux de la vérité en tant que sagesse…  Il consiste dans le besoin de se rendre compte de toutes ses opinions, jointes à une force d’intelligence suffisante pour satisfaire plus ou moins ce besoin.

Partie II

Importance des questions

– Objet de la philosophie : la vérité, donc la réflexion et la liberté dans la réflexion. Le domaine de la philosophie dans son sens cosmopolite se ramène à se demander ce que l’on peut savoir, ce que l’on doit faire, ce qui nous est permis d’espérer et ce qu’est l’homme.

– Principe de causalité : le principe de causalité est le fondement nécessaire de la connaissance même la plus légère du monde.  Il consiste à demander pourquoi et c’est la question la plus troublante puisque la réponse peut générer encore et toujours un nouveau « Pourquoi ? »

– Multiplicité de la vérité : En science comme en philosophie, des théories se succèdent. Ainsi, la vérité est une construction subjective où chacun appréhende la conception à laquelle il s’identifie. Mais au-delà de ce relativisme, il y a une vérité vraie qui est la sagesse de qui on ne peut qu’essayer de se rapprocher sans pouvoir appréhender. En effet, l’on cherche ce qu’on n’a pas encore trouvé.

La philosophie est une discipline qui s’intéresse essentiellement à la recherche de la vérité. La vérité vraie étant presque inaccessible, l’on admet des critères permettant de la reconnaître. Et finalement, si l’on cherche la vérité, c’est que l’on ne l’a pas encore trouvée. Cette recherche de la vérité impose des questions dont on ne trouve forcément pas les réponses. Mais le fait de s’étonner est déjà un début et se poser des questions est une suite. Chaque réponse ou semblant de réponse apportant de nouvelles questions, l’intérêt est surtout l’éveil au questionnement, notamment par rapport aux questions existentielles.