BACCALAURÉAT DE L’ENSEIGNEMENT GÉNÉRAL
SESSION 2000
Série C-D ; Épreuve de : PHILOSOPHIE
Durée : 04 heures ; Coefficient :2
SUJET I :
“Le prix de l’indépendance est la responsabilité, mais beaucoup d’hommes refusent de le payer »
Que pensez–vous de cette affirmation ?
SUJET II :
« Si l’erreur est humaine, la connaissance sensible est–elle pour la connaissance scientifique, un obstacle ou une condition nécessaire ? ».
SUJET III :
Faites l’analyse ordonnée de ce texte en vue de dégager son intérêt philosophique.
« La philosophie authentique, bien loin d’ignorer le monde matériel, réfléchira à partir de ce monde qui conditionne toutes nos pensées. Faite pour élever, la philosophie n’est pas destinée à exiler. Et la réflexion ne doit pas être une évasion. Cependant, la philosophie ne se contente pas de vivre les événements pêle-mêle, dans leur diversité concrète (…) Il se propose de tirer la leçon de l’événement, de rapprocher les événements les uns des autres pour les comprendre – pour les prendre ensemble – afin d’aboutir à une vision systématique, c’est-à-dire unifiée de l’univers. »
ANDRE VERGEZ ET DENIS HUISMAN.
Nouveau Court traité de Philosophie. Tome I, p28
CORRIGES
SUJET II :
INTRODUCTION :
La connaissance sensible signifie l’expérience, la connaissance concrète. Cependant, la science ne se réfère pas qu’à l’expérience, ainsi on parle de théorie scientifique. Théorie et expérience semblent deux termes opposés au premier abord.
La connaissance sensible, en effet, est liée à la sensibilité, l’expérience concrète. La connaissance sensible saisit le particulier, l’unique, et elle est immédiate, ne demande pas de recherche. Par contre, la théorie est une connaissance spéculative (elle risque donc de s’éloigner de l’expérience concrète. D’ailleurs le mot « théorie » est dérivé du grec théoren qui signifie contemplation. La théorie, de plus, demande du temps pour être découverte par la recherche scientifique.
La science est composée de théorie et d’expérience. La connaissance sensible est-elle un obstacle pour la connaissance scientifique ? Ou bien une condition nécessaire ?
DEVELOPPEMENT
PARTIE I : LA CONNAISSANCE SENSIBLE PEUT ÊTRE OPPOSÉE AU CHEMINEMENT DE LA SCIENCE.
– Les conceptions préscientifiques sont tenaces, car enracinées dans le quotidien. Par exemple, dans le langage courant, on dit que le soleil se lève, se couche, alors qu’objectivement c’est la Terre qui tourne sur elle-même qui nous donne cette impression.
LA CONNAISSANCE SENSIBLE, POUR MENER À LA SCIENCE DOIT ÊTRE DIRIGÉE PAR LA RAISON.
– La science ne part pas d’un catalogue de faits : la confusion faite entre observation et expérience
– En science, on ne part pas d’un catalogue de faits, mais d’une hypothèse : Une idée anticipée ou une hypothèse est le point de départ nécessaire de tout raisonnement expérimental.
– Il y a un donc un double rôle de la connaissance sensible en science :
1) l’expérience peut conforter une théorie (ex: hypothèse de Torricelli) ,
2) l’expérience peut détruire une théorie.
PARTIE II : LES SENS NOUS METTENT SUR LE CHEMIN DE LA SCIENCE.
– Sans connaissance sensible, aucune connaissance n’est possible.
– Il n’y a par conséquent rien qui ne vienne pas de l’expérience. Le fait de sentir est la source de la pensée.
– Tout dérive de l’expérience.
– Un aveugle de naissance ne peut se faire une idée des couleurs, un sourd de naissance ne peut se faire une idée des sons.
L’expérience est une donnée primordiale pour les scientifiques.
– Tous les progrès en science expérimentale se mesurent par leur perfectionnement de leurs moyens d’investigation du réel
CONCLUSION
La connaissance sensible seule ne suffit donc pas à nous acheminer vers la science, car elle est trop imprécise et sujette à la subjectivité. C’est la connaissance sensible raisonnée qui sert de preuve aux théories scientifiques.