SUJET I : Peut-on échapper à la philosophie ?
Introduction
On peut vouloir ignorer la philosophie, la juger inutile ou ennuyeuse. Mais peut-on vraiment y échapper ? La question suppose que la philosophie serait une contrainte dont on chercherait à se libérer. Mais n’est-elle pas inhérente à la condition humaine ?
I. On peut croire échapper à la philosophie
A. Le refus de philosopher
Beaucoup de gens vivent sans jamais ouvrir un livre de philosophie. Ils se contentent d’opinions, de croyances, de savoirs pratiques. La philosophie semble réservée aux spécialistes.
B. La science comme substitut
Le positivisme prétend que la science répond à toutes les questions légitimes. Les questions métaphysiques seraient des pseudo-problèmes dont on peut se passer.
C. L’action contre la réflexion
Marx : “Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, il s’agit de le transformer.” L’homme d’action croit pouvoir se dispenser de la réflexion théorique.
II. On ne peut pas vraiment y échapper
A. Les questions philosophiques sont universelles
Qu’est-ce que le bonheur ? Que dois-je faire ? Qu’est-ce que la justice ? Ces questions s’imposent à tout homme, qu’il le veuille ou non.
B. Refuser la philosophie est encore philosopher
Dire que la philosophie est inutile, c’est déjà prendre position philosophiquement. Le scientisme est une position philosophique. On ne sort pas de la philosophie par la porte, elle revient par la fenêtre.
C. L’homme est un animal métaphysique
Kant : la raison humaine est naturellement portée vers les questions métaphysiques. Schopenhauer : l’homme est “l’animal métaphysique”, le seul à s’étonner de son existence.
III. On peut mal ou bien philosopher
On ne choisit pas de philosopher ou non, mais on choisit de le faire consciemment ou non. Mieux vaut philosopher lucidement que subir des opinions non examinées.
Conclusion
On ne peut pas échapper à la philosophie car elle est constitutive de l’humanité. La vraie question n’est pas de savoir si on philosophe, mais comment on le fait.
SUJET II : « Seule la science peut fournir à l’homme tout ce dont il a besoin » (Renan)
Introduction
Ernest Renan exprime la foi scientiste du XIXe siècle : la science répondrait à tous les besoins humains. Cette vision optimiste est-elle fondée ?
I. Ce que la science apporte
A. Besoins matériels : médecine, agriculture, technologie améliorent les conditions de vie.
B. Besoin de comprendre : la science explique les phénomènes naturels.
C. Besoin de maîtrise : la technique issue de la science donne pouvoir sur la nature.
II. Ce que la science ne peut pas fournir
A. Le sens de la vie : la science décrit, elle ne prescrit pas de fins.
B. Les valeurs morales : aucune expérience ne prouve ce qui est bien ou mal.
C. La beauté, l’amour, la spiritualité : ces besoins essentiels échappent à la science.
III. La complémentarité des savoirs
L’homme a besoin de science, mais aussi de philosophie, d’art, de religion, de relations humaines. La science est nécessaire mais non suffisante.
Conclusion
La formule de Renan exprime un scientisme excessif. L’homme a des besoins que la science ne peut satisfaire : le sens, les valeurs, la transcendance.
SUJET III : Commentaire — Rousseau sur l’État et la loi
Introduction
Ce texte de Rousseau (Du Contrat social) affirme le principe fondamental de l’État de droit : nul ne doit être au-dessus des lois.
I. La soumission universelle à la loi
“S’il s’y trouve un seul homme qui ne soit pas soumis à la loi, tous les autres sont nécessairement à sa discrétion” : un individu au-dessus des lois devient un tyran potentiel. La liberté de tous dépend de la soumission de chacun à la loi commune.
II. L’unité de la souveraineté
“S’il y a un chef national, et un autre chef étranger…” : Rousseau refuse la division de la souveraineté. Un État ne peut être gouverné par deux autorités concurrentes sans tomber dans l’anarchie ou la domination étrangère.
III. Les conditions d’un bon gouvernement
L’État bien gouverné est celui où la loi est souveraine, où nul privilège n’existe, où l’autorité est une et nationale. C’est la condition de la liberté civile.
Intérêt philosophique
Ce texte fonde les principes de l’État républicain : égalité devant la loi, souveraineté nationale, refus des privilèges. Il annonce la Révolution française et reste d’actualité face aux tentations autoritaires.