UNIVERSITÉ D’ANTANANARIVO
Concours d’entrée en 1ère année de l’Ecole Supérieur des Sciences Agronomiques
2006
Français
On a longtemps considéré – notamment les économistes américains- que l’urbanisation était d’elle-même favorable au développement agricole. Ces économistes faisaient valoir que l’élévation des revenus dans les villes est particulièrement rapide, ce qui, disaient-ils, provoque la demande de produit agricole diversifiés ; que cette augmentation de revenu permet de dégager une épargne susceptible d’être investie dans l’agriculture ; qu’enfin l’urbanisation provoque un brassage d’idées et de population favorable au progrès agricole
En réalité, on a constaté que, s’il y a effectivement demande de produit agricole diversifiés, cette demande ne porte pas spontanément sur des produits que l’agriculture est en mesure de fournir. Dans les pays du mil, en particulier, les habitudes de consommation des nouveaux habitants des villes s’inspirent de celles des milieux européanisés et s’orientent vers le pain fabriqué avec du blé et obligatoirement importé
En second lieu, il a été prouvé que les investissements de la population urbaine vont, dans la plupart des pays, en dernier lieu vers l’agriculture, bien après les spéculations immobilières, le commerce et l’industrie….
Enfin, l’observation des zones périphériques des grandes métropoles montre que, contrairement à ce qui était attendu, les incidences de la civilisation urbaine sur la technologie et la nationalisation de la conduite des exploitations sont extrêmement faibles.
En réalité, l’urbanisation a plutôt un effet global négatif sur l’agriculture dans la mesure où celle-ci est paysanne ; elle amène les nouveaux urbains à considère le mode de vie paysan comme barbare et par conséquent à reléguer, dans l’échelle des valeurs, l’agriculture au dernier rang des activités.
Jacques MAYER et Louis DESCHAMPS
In L’AGRICULTURE TROPICALE collection « Que sais- je ? »
1- Précisez les différentes valeurs du pronom ON dans le texte
2- Expliquer l’expression : « milieu européanisé »
3- Transportez au discours indirect : « L’élévation des revenus dans les villes, disaient-ils, provoque la demande de produit agricole diversifiés »
4- Nominalisez la complétive dans la phrase suivante : “l’élévation des zones périphériques des grandes métropoles montre que les incidences de la civilisation urbaine sur la technologie agricole sont extrêmement faibles”
5- Proposez un titre au texte
6- D’après l’auteur, quels sont les freins au développement rural
7- Quelles solutions, proposez- vous pour améliorer le secteur rural ? Développez vos suggestions en une vingtaine de lignes environ
CORRIGÉS
1) Dans le texte, le pronom ON a la valeur d’un pronom personnel indéterminé et d’un ensemble de personnes inconnus qui parlent.
2) L’expression « milieu européanisé » signifie que l’endroit et les gens qui y sont ont adopté la manière de vivre et les cultures européennes.
3) Discours direct en discours indirect :
Ils disaient que l’élévation des revenus dans les villes provoquait la demande de produits agricoles diversifiés.
4) Nominalisation de la complétive :
L’élévation des zones périphériques des grandes métropoles montre l’extrême faiblesse des incidences de la civilisation urbaine sur la technologie agricole.
5) Proposition de titre pour le texte :
L’urbanisation et l’agriculture : le divorce
6) D’après l’auteur, les freins au développement rural sont l’urbanisation, l’européanisation, la priorisation du commerce, de l’industrie et de l’immobilier, ainsi que la non-considération du paysan par les citadins.
7) Développement :
De nos jours, les gens tendent à déserter les campagnes pour venir s’entasser dans les villes. La principale cause est la représentation sociale que les ruraux se font sur les villes. Pour eux, être citadin signifie vivre décemment et dans le luxe or nous savons que la réalité est complètement différente. Ainsi, il est urgent d’éduquer la population rurale sur cette fausse interprétation de la vie en ville. Pour ce faire, il suffit d’expliquer les enjeux de l’urbanisation : diplômes, expériences, relations, etc. En outre, il faut motiver les ruraux à rester à la campagne. Si la raison qui les pousse à partir est la condition de travail insupportable, l’idéal sera d’y remédier. Le gouvernement peut par exemple fournir des machines aux paysans comme les tracteurs afin d’optimiser leur production et réduire leur temps de travail. Les engrais doivent également être à la disposition de tous, sans oublier les formations sur l’utilisation de ces produits. Il en va de même pour les méthodes de culture efficaces et qui respectent les normes environnementales. Non seulement, une telle politique motiverait le paysans à rester dans la campagne mais elle permettrait également d’optimiser la production. Nul doute que le secteur rural s’en porterait mieux.