UNIVERSITÉ D’ANTANANARIVO
Concours d’entrée en 1ère année de l’Ecole Supérieur des Sciences Agronomiques
2002
Français
VIOLENCE ET INDIFFÉRENCE
Un soir de novembre, en sortant du métro, j’entendis en même temps aboyer un chien et hurler une femme. Les gens s’enfuyaient et, dans le wagon, il ne resta que le chien, la femme qu’il avait mordue et le propriétaire du chien qui disait : » ça n’a pas d’importance, je suis assuré »
Cette anecdote aurait fait le sujet d’une fable si l’on écrivait encore des fables. Pour résister à la violence, comment compter sur des hommes qui ont peur des chiens ? Et de quoi pourrait être responsable quelqu’un qui est régulièrement assuré ? Quant à nous braves gens qui payons des impôts, nous n’avons pas à assurer l’ordre dans les lieux publics
Pensons à ce gardien de stade que des bandes d’adolescents attaquaient sans cesse et qui a fini par prendre son fusil. Lorsque le mal est fait, lorsque le persécuté a tiré, lorsque la police est arrivée, lorsque le tireur a été emmené en prison, et la victime à l’hôpital, alors la foule commente et repartit les responsabilités. Mais combien se demandent : « Et si s’était aussi de notre faute ? » il y a les parents, les policiers, les magistrats qui font mal leurs métiers. Et les voisins ? Bien sur, tout le monde ne peut’ occuper de tout mais quand même, il y a trop de gens qui détournent la tête
L’histoire nous égare quand elle nous montre le Mal sous forme de dictateur, de tortionnaires et de terroristes… Le plus grave c’est l’abstention des bons citoyens et souvent la lâcheté de ceux que l’on croyait être des amis et qui se dérobent lorsqu’on appelle au secours
Le pire n’est pas la violence mais l’indifférence qui permet la violence
D’après Jean- Marie DOMENACH , D.R
I – Compréhension du texte
1- Comment peut-on justifier le titre de cet article
2- Expliquer les mots ou expressions soulignés (dans le sens qui leur est attribué dans le texte)
3- Trouvez deux expressions utilisées pour caractériser le manque de solidarité
4- Relisez le passage : « Pour résister…lieux publics » et dites quel sentiment de l’auteur il traduit : admiration ? doute ? approbation ?
1- Compléter le texte (un seul mot par espace vide) : Difficultés de choix
Les grands choix….. la vie, et même ….. plus modestes ; de la vie quotidienne, sont devenues difficiles. On sait moins … qu’on veut et lorsqu’on…sait, on discerne mal les moyens de….. obtenir. Faut-il économiser…… acheter une maison ou vaut-il……… dépenser ce qu’on a dès aujourd’hui ? Épargner pour les enfants ..dépenser immédiatement ? En pénétrant… …… un supermarché, on ignore souvent la somme qu’on est prêt …….. dépenser
2- Répondez aux questions suivantes sans répéter les mots soulignés
– Prends-tu souvent des bains de mer ?
Non parce que…
– Penses-tu que Jacques reprendra ses études ?
Oui, je…bien que…
– Vous m’accompagnerez à Tamatave ?
Oui, je……. si………
3- Composer une seule phrase avec les 3 éléments donnés en les reliant entre eux : Descendre dans le Sud/s’arrêter en chemin/visiter le relais de la Reine dans l’Isalo
A l’opposé de ce journaliste, composer une anecdote qui donnera un exemple de solidarité (100 à 120 mots)
CORRIGÉS
I – Compréhension du texte
1) On peut justifier le titre du texte par l’exemple de la femme qui se fait mordre et des autres passagers qui fuient, du gardien de stade qui se fait harceler sans que quelqu’un réagisse ou la phrase « le pire n’est pas la violence mais l’indifférence qui permet la violence ».
2) Explication du sens des mots soulignés selon le texte :
– Je suis assuré : j’ai souscris à une assurance pour prendre en charge les frais d’éventuels incidents
– Cette anecdote : cette courte histoire relatant le déroulement d’une scène dans un métro
– Repartit les responsabilités : la faute ; c’est-à-dire qui est à l’origine de la situation malheureuse
– Compter sur les hommes : faire confiance et s’attendre à ce que la personne réponde à l’attente
3) Voici deux expressions utilisées pour exprimer le manque de solidarité :
4) Ce passage traduit le doute chez l’auteur.
1) Complétion des pointillés :
Les grands choix de la vie, et même les plus modestes ; de la vie quotidienne, sont devenues difficiles.
On sait moins ce qu’on veut et lorsqu’on le sait, on discerne mal les moyens de l’obtenir. Faut-il économiser pour acheter une maison ou vaut-il mieux dépenser ce qu’on a dès aujourd’hui ? Epargner pour les enfants ou dépenser immédiatement ? En pénétrant dans un supermarché, on ignore souvent la somme qu’on est prêt à dépenser.
2) Réponse aux questions :
– Prends-tu souvent des bains de mer ?
Non parce que je ne les aime pas.
– Penses-tu que Jacques reprendra ses études ?
Oui, je pense bien qu’il le fera.
– Vous m’accompagnerez à Tamatave ?
Oui, je viendrai si vous voulez.
3) Formation de la phrase :
En descendant dans le Sud, je me suis arrêté en chemin pour visiter le relais de la Reine dans l’Isalo.
En partance pour l’école, j’ai vu une charrette qui s’était renversée au milieu de la route. Le pauvre tireur s’acharnait à la remettre debout mais rien y faire. J’allais retrousser mes manches pour l’aider quand parmi toutes les voitures qui passaient, une s’arrêta. C’était une Audi q7 blanche de laquelle sortit un homme d’environ 30 ans. Il enleva sa veste et se dirigea vers la charrette pour aider le pauvre tireur. La vue de cette scène suffit pour stimuler les passants qui aidèrent également les deux hommes. Ils se mirent à 5 pour remettre la charrette debout. Je continuai ma route et ne pus m’empêcher de sourire en murmurant à moi-même : ce n’était pas encore mon tour.