Faculté de droit, d’économie, de gestion et de sociologie
Année Universitaire 2002-2003
Épreuve de français
Résumez en dix lignes le texte ci-dessous
Coopération : vers la fin de l’aide liée
(MFI) Depuis le début de l’année 2002, les trois quarts de l’aide au développement accordée aux 49 pays les moins avancés ne sont plus « liée ». Les Etats bénéficiaires peuvent choisir librement leurs fournisseurs. A condition de faire des appels d’offres dans la transparence. Par le jeu de la concurrence, le coût des projets devrait baisser en moyenne de 15% à 30%.
Les pays donateurs ne trouvaient pas le deal anormal. Du moins jusqu’à ces derniers mois : « je vous prête de l’argent à condition que vous l’utilisez pour m’acheter des marchandises et des services». Les économistes appellent ce système « l’aide liée ». Elle concerne 50% de l’assistance des pays riches aux pays pauvres, elle-même chiffrée à 53 milliards de dollars par ans. Et encore : la part de l’aide liée varie selon les donateurs.
Entre 1995 et 1999, période dont les statistiques ont été analysées dans le détail par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) qui regroupe 30 pays développés, plus de 90% des financements consentis par le suisse comportent l’obligation de contracter avec des entreprises helvétiques. La proportion est la même pour les financements suédois. A peine moins protectionnistes, la Norvège, les Portugal, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Finlande et le Danemark «lient» entre 50% et 90% de leur assistance financière. Le Canada, la France, le Royaume-Uni et l’Italie se situent un cran en dessous (25% à 50%). Seuls trois pays donateurs de premier plan ont usé avec beaucoup de modération de cette méthode : les Etats-Unis, la Belgique et l’Espagne.
Un dollar prêté en rapporte trois
Pour les donateurs, les avantages sont évidents : leurs entreprises gagnent des contrats internationaux. Ce qui fait rentrer des devises et crée des emplois. L’ancien président américain Richard Nixon ne plaisantait pas lorsqu’il répétait : « rappelons-nous que le but de la coopération au développement n’est pas d’aider des pays tiers, mais de nous aider nous-mêmes » ! Il est vrai que chaque dollar prêté au titre de la coopération en rapporte trois. D’abord sous forme d’intérêts, ensuite par le biais des projets à réaliser et enfin par les contrats supplémentaires générés par la technologie installée. Une station de radiodiffusion installée dans un pays d’Afrique par la coopération allemande, ce sont au moins dix ans d’équipements, de consommables et de pièces détachées made in Germany assurés. L’aide limite également les risques d’évasion des capitaux, qui ne voyagent pas : le pays donateur garde le contrôle des fonds, puisque les entreprises qui encaissent les factures sont ressortissantes du même pays.
Surcoût de 30% pour une cause d’absence de concurrence
Néanmoins, l’aide liée comporte des inconvénients. A commencer par l’absence de concurrence entre les fournisseurs. Tel pays africain qui a obtenu du Japon un prêt pour équiper le parc automobile de ses hôpitaux n’a eu le choix qu’entre Nissan, Toyota, Honda et autres Mitsubishi. Tant pis si ces constructeurs nippons n’offrent pas les meilleurs rapports qualité-prix.
Corrigé
Résumé :
Coopération : bientôt finie aide liée
Depuis 2002, 3/4 d’aide accordée aux 49 pays les moins avancés ne sont plus « liée ». Ils choisissent librement leurs fournisseurs avec des appels d’offres obligatoirement transparents. La concurrence diminuerait ainsi le coût des projets.
Les donateurs trouvaient ce système d’aide normal, jusqu’à ces derniers mois : « je vous prête de l’argent à condition que vous l’utilisez pour m’acheter des marchandises et des services». Appelé « aide liée », il concerne 50% de l’assistance aux pays pauvres : chiffrée à 53 000 000 000 $ annuel. Sa part varie selon les donateurs.
Entre 1995 et 1999, la plupart des aides suisses étaient liées selon l’OCDE qui regroupe 30 pays développés. Même cas pour la Suède. Certains pays européens sont moins protectionnistes, 3 lient entre 25% et 50% de leur aide, et seuls l’USA, la Belgique, l’Espagne sont modérés.
Prêt : 1 dollars, gain : 3
Côté donateurs : avantages évidents. Leurs entreprises gagnent des contrats internationaux, amenant des devises, créant des emplois. Richard Nixon chargeait : « rappelons-nous que le but de la coopération au développement n’est pas d’aider des pays tiers, mais de nous aider nous-mêmes » ! Chaque dollar prêté en rapporte trois. Incluant intérêts, travaux et autres contrats concernant la technologie installée. Evasion des capitaux limitée : le donateur contrôle les fonds, ses entreprises encaissant les chèques.
Surcoût : 30%, concurrents : nul
Côté inconvénient, l’aide liée élimine la concurrence entre fournisseurs comme le pays africain dont le parc automobile des hôpitaux a été équipé par le Japon. Son choix tournait entre Nissan, Toyota, Honda et autres Mitsubishi qu’importent les rapports qualité-prix.