UNIVERSITÉ ANTANANARIVO
FACULTÉ DE DROIT, D’ECONOMIE, DE GESTION ET DE SOCIOLOGIE
DÉPARTEMENT DROIT
TEST D’ACCÈS EN PREMIÈRE ANNÉE
CONTRACTION DE TEXTE
Durée : 02 heures
Selon votre compréhension du texte reproduit ci-dessous, et en utilisant vos propres mois, résumez le en quinze lignes au maximum.
Energie et lutte contre la pauvreté
La réduction significative de la pauvreté et le développement durable constituent les défis majeurs du début de ce troisième millénaire.
Ces deux objectifs sont fondamentalement liés dans le contexte des pays en développement et de l’Afrique en particulier.
En effet, le développement durable en Afrique doit, en premier lieu, et c’est l’objectif majeur de la communauté internationale pour les années à venir, réduire la pauvreté : le Sommet des Nations-Unies du Millénium (septembre 2000) n’a-t-il pas réaffirmé un objectif de réduction de moitié de la pauvreté d’ici 2015 ?
Or, force est de constater qu’aujourd’hui, l’énergie n’est pas explicitement prise en compte dans les initiatives de lutte contre la pauvreté. Pourtant, pour les populations pauvres, l’énergie est une composante essentielle de toute activité permettant d’assurer un minimum de développement économique et social et elle est indispensable à la satisfaction des besoins quotidiens (eau, nourriture, santé, etc…)
La satisfaction des besoins élémentaires des populations (nourriture, santé, logement, etc) nécessite, pour la plupart d’entre eux, l’utilisation de diverses formes d’énergie. Leur rareté ou leur coût élevé concourt au maintien et à l’accroissement de la pauvreté en particulier dans les zones rurales africaines.
En effet :
– Soit les formes d’énergie sont accessibles à tous (comme la biomasse sous ses diverses formes) mais alors les prélèvements de proximité sur le couvert végétal participent à la dégradation de l’environnement et à la rareté de la ressource. Ces
pratiques énergétiques, si elles ne sont pas organisées, concourent à la détérioration de l’environnement dans lequel vivent les populations généralement pauvres et par la même amplifient leur situation de pauvreté.
– Soit les sources d’énergie (électricité, charbon de bois, gaz, produits pétroliers, etc), sont régies par les mécanismes de marché en amont ou en aval, et alors, le coût des services énergétiques est trop élevé en regard des ressources disponibles des populations pauvres.
Dans les deux cas, l’inaccessibles des pauvres à un service efficient équivaut à l’impossibilité d’assurer la couverture de leurs besoins élémentaires dans des conditions satisfaisantes.
Face à une telle situation, c’est l’énergie humaine qui reste le palliatif pour un certain nombre d’usages….
En milieu rural, la transformation des céréales et notamment la mouture s’effectue encore à l’aide du mortier, du pilon et de la force musculaire des femmes, ou encore, l’approvisionnement et bois disponible se fait à des distances de plus en plus longues, la rareté ou l’inaccessibilité à une source énergétique plus efficiente doit être compensée par une
plus grande consommation d’énergie physique. Les exemples sont nombreux au Sachel, où ces distances ont crû de plusieurs kilomètres en quelques années…Si l’on ajoute encore que la distance moyenne à un poste de santé, le plus souvent dépourvu du minimum, en particulier des conditions des réfrigération, est, sur le continent africain, de l’ordre de 15 kilomètres et qu’il n’existe que des moyens de transport de fortune, on perçoit mieux l’état de pauvreté entretenu par le manque d’équipement ayant recours à quelque source énergétique que ce soit.
Tout concourt donc dans le domaine de l’énergie à faire perdurer la situation d’exclusion des pauvres et même à aggraver leurs conditions. Le processus de déforestation (plus de 2,5 millions d’hectares sont défrichés chaque année sur le continent) entraînant la dégradation constante de leur environnement.
Face à un tel constat d’échec, les institutions financières internationales imposent alors es réformes de structure : privatisation des compagnies d’électricité, appel au secteur privé pour l’électrification rurale, dont il est difficile actuellement de mesurer les effets.
Que faire et comment faire ?
Finalement vouloir améliorer la situation des pauvres, toutes les enquêtes le prouvent, c’est les faire accéder rapidement à l’eau, à la nourriture et à la santé. Il s’agit donc……de partir des besoins des plus défavorisées, c’est-à-dire travailler avec des groupes de base (village, communes, associations, etc) et les appuyer pour trouver les solutions « ad hoc » dans la panoplie de celles qui existent.
L’accession des pauvres à des sources d’énergie leur permettant de satisfaire leurs besoins élémentaires nécessite, sur le continent africain, de partir d’une approche décentralisée, mais communautaire, dans laquelle les populations locales sont directement impliquées.
Le cas des plates-formes multifonctionnelles au Mali : dans le souci, de participer à la lutte contre la pauvreté en milieu rural, de réduire la pénibilité des travaux domestiques qui pèsent sur les femmes rurales (corvée d’eau, mouture des céréales, transformation des produits alimentaires locaux, etc…), d’offrir à ces femmes des opportunités d’activités génératrices de revenus…et d’améliorer leur statut social, le PNUD et l’ONUDI en collaboration avec le gouvernement du Mali , ont initié, en 1996, un projet visant à une diffusion large de plateformes multifonctionnelles. La plate-forme multifonctionnelle consiste en une source d’énergie mécanique et électrique fournie par un moteur diésel de 8 à 12 Cv monté sur un châssis auquel divers équipements, tels que des moulins, des chargeurs de batteries, des pompes électriques, des presses e noix ou de légumes, des machines de soudure, des outils de menuiserie et/ou un muni-réseau pour l’éclairage, peuvent être connectés. A partir de ses nombreuses fonctions, la plate-forme peut être utilisée pour fournir des services variés et générer des revenus pour ses gestionnaires. Par ailleurs, de par sa simplicité, son installation et sa maintenance peuvent être réalisées par des artisans locaux et ses pièces détachées sont disponibles sur le marché local.
La plate-forme conçue comme l’infrastructure énergétique de base en milieu villageois a aussi stimulé la création, le développement et/ou modernisation des activités des artisans dans les villages concernés.
L’expérience malienne a démontré que les plates-formes multifonctionnelles offrent un niveau de base de tremplin pour l’investissement et la croissance, le tout à un prix abordable pour les communautés rurales avec une aide venant de l’extérieur