Faculté de Droit, d’Economie, de Gestion et de Sociologie
Département Droit
TEST D’ACCÈS EN 1ère ANNÉE
SESSION DE FÉVRIER 2014
Compréhension et Contraction de texte
[DURÉE DEUX HEURES]
Le culte romantique de la langue maternelle et son extension politique aux langues nationales a conduit à une conception fétichiste de la langue, soudain dotée de propriétés éminentes du seul fait de son identité nationale. Pourtant, l’identification à une seule langue n’est pas forcément dominante en pratique. Entre la langue apprise de la famille, la langue parlée au dehors, la langue enseignée à l’école, la langue des représentants de l’Etat ou des organes de communication, la langue d’un groupe ou d’un métier, le continuum de la langue nationale connaît en fait bien des altérations et des variations.
En outre le passage quotidien entres différentes langues est une gymnastique ordinaire pour un grand nombre de femmes et d’hommes à travers les oscillations historiques des frontières et les migrations de personnes quelles qu’en soient les causes. On passe d’une langue à l’autre selon les moments de la journée, les thèmes abordés, les interlocuteurs. De ces jongleries habituelles (dans les grandes métropoles occidentales), la mémoire n’est pas encore éteinte qu’elles y sont compliquées et démultipliées par l’effet d’autres arrivants portant avec eux leur horizon linguistique et le composant à leur façon avec celui de la langue « nationale n, récemment promue officiellement « langue de la République », comme si les autres ne l’étaient pas moins.
Après l’impression d’une homogénéisation des langues due à des politiques directives depuis deux siècles, les effets de la, colonisation d’une grande partie de la planète, les migrations causées par les guerres ou l’appel d’air des flux économiques provoquent et encouragent dans les pratiques. Sinon toujours dans les représentations que l’on s’en fait, une complexification qui démontre la grande souplesse des locuteurs et la nécessité d’abandonner un modèle trop normatif de « l’apprentissage des langues ». En matière de langue, l’apprentissage est un processus indéfini, V compris de la sienne.
[Denis THOUARD, points de passage diversité de langues. Traduction, compréhension (extraits), revue Hermès 2007 n°49 p.31.]
TRAVAIL A FAIRE
I- Donnez un titre à ce texte (1 point)
II- Résumez ce texte en une cinquantaine de mots. (5 points)
III- D’après vous, la maîtrise et la pratique de plusieurs langues pour une personne sont- elles de nature à modifier son milieu et sa perception du monde ? [16 lignes maximum (environ 170 mots) – 14 points]
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