Deuxième puissance économique du monde (troisième si on considère l’Union européenne comme une puissance), le Japon est l’une des pôles de la Triade. Il a fondé son développement économique sur les échanges (importation de matières premières et de ressources énergétiques, exportation de produits manufacturés) et a su s’adapter à la mondialisation de l’économie.
Quels sont les fondements de la puissance économique japonaise ? Quels en sont les aspects ?
I- Les fondements de la puissance japonaise
1- La population
– Les Japonais sont à la base de la réussite économique de leur pays : ils sont nombreux (127,8 millions en 2004), hautement qualifiés et, malgré une nette diminution de la durée annuelle depuis 1990, ils travaillent plus que nombre de leurs concurrents directs (1 900 heures par an en moyenne contre 1 656 en France). Le système scolaire et universitaire enseigne aux élèves à faire passer le travail avant tout.
– La culture japonaise véhicule des valeurs utiles à l’entreprise :
– Les contraintes du territoire (exiguïté, fréquence des catastrophes naturelles) ont accoutumé la population à s’adapter aux circonstances.
2- Une organisation économique originale
Le système économique japonais est dual : de grandes entreprises (les keiretsu ) s’appuient sur de nombreuses PME (petites et moyennes entreprises).
3- Des stratégies efficaces
– Malgré l’absence de ressources naturelles, le Japon a développé l’industrie, fer de lance de l’économie. Les capitaux nécessaires à l’industrialisation ont été fournis par les exportations. Dès ‘origine, celles-ci ont joué un rôle majeur dans le dynamisme japonais. Cette stratégie a entraîné le transfert des activités sur le littoral (littoralisation de l’économie) afin de diminuer le coût de transport.
– La crise des années quatre-vingt a contraint le Japon à s’adapter pour faire face a concurrence. Il met alors l’accent sur la haute technologie (permettant de concevoir de nouveaux produits) : c’est le pays qui dépense le plus au monde en recherche-développement par habitant. Il adopte d’autres méthodes de production (robotisation). Il procède également des délocalisations dans des pays où la main d’œuvre est moins chère. Parallèlement, il investit dans de nouvelles régions du monde (création d’usines) ce qui lui permet d’entrer sur de nouveaux marchés.
II- La puissance japonaise
1- L’industrie
– Les industries traditionnelles ont été restructurées pour faire face à la crise. L’industrie lourde reste l’une des plus puissantes au monde : dominant la construction navale, le pays est actuellement le deuxième producteur d’acier du monde (en 2003) avec 12 % du marché. L’industrie textile est en repli. Le Japon se spécialise dans les tissus innovants (polyester doux et résistant aux taches).
– Il est bien placé dans l’industrie mécanique : deuxième dans le secteur automobile (Toyota), derrière les États-Unis (troisième si on compte IUE), il fournit les trois-quarts des motos du monde (Susuki et Kawasaki).
– Les industries de haute technologie connaissent un essor considérable et symbolisent la réussite japonaise : le Japon occupe le premier rang pour l’électronique destinée au grand public (téléviseurs, hi-fi, magnétoscopes) et pour la robotique, le deuxième pour l’informatique et les télécommunications.
2- La puissance commerciale
– Le Japon est la troisième puissance marchande du monde : il représente 7,4 % des exportations mondiales (en 2002). Les exportations de produits manufacturés sont le moteur de l’économie japonaise : automobile, audiovisuel, matériel de bureau (photocopieur), produits de pointe (robot).
– Il possède les réseaux de transports nécessaires pour l’acheminement de ces produits : sous pavillon national, la flotte marchande japonaise est la quatrième au monde (en 2003) ; mais elle figure au deuxième rang si on décompte les navires que contrôlent les Japonais sous pavillon étranger. Le pays compte 133 ports de taille importante dont 21 d’envergure internationale.
3- La financière
– Le Japon demeure le premier créancier du monde. Mais il est aussi, avec l’envolée des dépenses publiques, le deuxième débiteur. Après assainissement du secteur, et malgré quelques signes de faiblesse sur le plan local, il possède toujours les deux plus grandes banques du monde. Grâce à l’épargne, qui est forte, et aux exportations il a accumulé des capitaux considérables qu’il investit dans tous les secteurs : immobilier, industrie de pointe et les services, en Asie (aire Pacifique), aux États-Unis et en Europe. Le Japon est ainsi le deuxième investisseur international (ou troisième si on considère I’UE).